Work in Progress – à voir sur scène les 13 et 14 mai 2013 à la Ferme du Biéreau à Louvain-La-Neuve.

« Ce moment là était en moi depuis toujours
Et voilà qu’il apparaît là simplement comme une évidence
Grand, déployé. »

« La route
Et le poids de l’air au dessus de la route
Cette route ne sera pas déserte »

 « En moi, une boule, un tourbillon qui se remplit.
Tu veux un rapport de force, des vallons, des creux, des puits, des piques …
Glisse dans le lit de mon dos et descend, c’est une boue précieuse. »

« Lui
Il est fragile. Il est fort.
À quoi résiste-t-il ?
C’est un être doux,
c’est un être qui meurt,
c’est un être écartelé,
c’est un être qui bascule sans cesse
Tu te vois dans sa paume
Cette paume avec laquelle il a cueilli les mûres
qui en gardent l’odeur, qui en gardent la couleur
Sous la peau »

« Les voiles bleus de sa robe
La course du soleil
L’odeur de la lumière
L’odeur entre elle et le soleil est ce qui importe le plus,
c’est sa nourriture. »

« Je marchais je marchais je marchais
sur ma route. Je l’ai vu, j’ai senti sa présence
mais je ne l’ai pas vu arriver, il est apparu d’un coup
Bien sûr que c’est moi ! s’est-il écrié
Je l’ai perdu à nouveau. il m’est réapparut, plus fort, plus fatigué, sans métier m’a t-il dit
Sa formation était maçon mais il n’avait plus de toit – Pas le temps de le construire.
« Je suis, moi aussi, quelqu’un d’autre » M’a-t-il dit. Depuis la dernière fois, je suis
sans autre forme d’explication – sans mode d’emploi
Sans matelas. Mon métier est salissant mais j’ai plein de fric.
Je change d’Hôtel chaque nuit et rêve d’un matelas à moi.
Je ne reconnais plus mon odeur. Ni le matin, ni le soir
Tout le monde compte sur moi, mais je n’ai plus d’odeur
J’écris
Serai-je invisible un jour ? Un instant. Blanc comme une page ?
Me vois-tu ?
Oui je te vois, tu es telle que je t’ai rêvée.
Tu mens.
Tu es telle que je me souviens de toi
Tu mens
Tu es telle que je t’espérais
Tu ne sais même pas ce que tu dis. Moi, je suis venu ici pour te toucher, juste te toucher. Toi, tu ne te souviens de rien. Tu crois reconnaître les traces de tes souffrances passées sur ton corps. Est-ce toi qui souffre tant où est-ce moi qui rêve ?
Oui, c’est toi, je reconnais ton odeur. Tu m’as blessé. Tu m’a transpercé. »
Thierry BODSON