Son-Corps-voix-Image et ‘Son-corps-voix-séquenceS’ vous invitent ce lundi 11 mai 2009 à la Ferme du Biéreau de Louvain-La-Neuve.

Au programme: « Les Captifs – Les Affranchis »

Une soirée en deux parties pour goûter aux plaisirs de la « Création et Transmission Artistique Contemporaine »
Un projet pédagogique et culturel qui s’interroge sur les définitions théâtrales.

Première partie

 » Les Captifs », comédie nouvelle de Xavier Dandoy d’après un synopsis de la comédie romaine de Plaute.

Un regard à démasquer depuis la « Poétique » d’Aristote jusqu’au théâtre » post-brechtien » appelé « post-dramatique » par Hans-Thies Lehmann.

« En son temps, La Poétique fut une machine de guerre contre le théâtre traditionnel. Aristote inventait un théâtre littéraire, élitiste, austère, sans corps ni musique ni dieu : un théâtre de lecteurs… Ainsi, public, metteur en scène et dramaturge se trouvent aujourd’hui réduits à n’être plus que les lecteurs d’une histoire. Aristote a déthéâtralisé, désenchanté le théâtre. Libérer la scène contemporaine, c’est redécouvrir les théâtres ritualisés, ludiques, musicaux. » (Florence Dupont – Aristote ou le vampire du théâtre occidental) »

Deuxième partie

« Les Affranchis », une « transgression » Son-corps-voix-séquenceS – extra-muros de la section Son-corps-voix de L’Académie…

L’acteur au centre !

« Avec la fin de la « galaxie Gutenberg », le texte écrit – et donc le dialogue fixé comme élément constitutif de la représentation – s’avère remis en question. Le mode de perception se déplace : perception simultanée et aux perspectives plurielles remplace une vision linéaire et successive… Au lieu de représenter une histoire avec des personnages qui apparaissent et disparaissent en fonction de la psycho-logique de la narration, ce théâtre est fragmentaire et combine des styles disparates. Il s’inscrit dans la dynamique de la transgression des genres. La chorégraphie, les arts plastiques, le cinéma et bien sûr, les différentes cultures musicales, le traversent et l’animent. (Hans-Thies Lehmann – Le Théâtre postdramatique) »

Cette seconde partie s’attachera à la mise en application de ces théories dans le cadre du projet « La création au centre de la pédagogie – la pédagogie au centre de la création » mais aussi à la perspective nouvelle d’une « esthétique du spectateur »

A propos des « Captifs »…

Venise, au début du dix-septième siècle : les deux enfants de Logomachos, marchand vénitien féru de philosophie, se sont enfuis du foyer paternel pour échapper au mode de vie imposé par leur père… malheureusement, tout ne s’est pas passé comme ils l’avaient prévu, et il faudra toute l’habileté de leur ami Martogallo pour les sortir du piège où ils sont retombés. Mais tout cela, bien sûr, aura un prix…

Voilà pour la trame. Il serait périlleux pour moi d’en parler davantage sans empiéter sur le domaine des acteurs – c’est à eux, en effet, qu’il appartient d’interpréter le texte, de construire un personnage, et l’auteur, à trop vouloir révéler comment il voit la pièce, ne peut que brider un processus créatif qui lui échappe. Car le spectateur ne vient pas pour voir lui décrire ce qu’il y a dans la tête de l’auteur – il vient au théâtre. Et je suis persuadé qu’on ne devient vraiment écrivain, auteur, poète, artiste peut-être, qu’en acceptant de perdre le contrôle de l’œuvre. Tout au plus le peintre pourra-t-il exiger qu’on conserve sa toile, comme l’écrivain qu’on n’écorche pas son texte – de quelque façon que ce soit.

Je me contenterai donc ici de rendre hommage à la pièce de Plaute dont j’ai repris à la fois le titre et la trame principale, du moins dans sa première partie, mais aussi et surtout aux jeunes acteurs qui endosseront le jour de la représentation les costumes des différents personnages. En effet, ce projet est avant tout le leur: ils ne sont pas de simples intermédiaires entre l’auteur et le public, mais bien davantage des corps et des voix en scène, élément fondateur et fondamental du théâtre, qui choisissent le texte que, pour un soir, ils vont incarner et sonoriser. Je suis donc bien plus leur invité qu’ils ne sont les miens, et ne peux que les remercier de cette invitation qu’ils m’adressent en même temps qu’à vous.


A propos de l’auteur…

Xavier Dandoy est né le 7 juin 1979. Il a intégré la section Son-Corps-Voix de l’Académie d’Ottignies – Court Saint Etienne en septembre 1997. Il s’en est éloigné quelquefois mais ne l’a jamais quittée depuis. Il est l’auteur de divers textes et pièces pour le théâtre qui ont été joués dans le cadre de la section Son-Corps-Voix : « Quelqu’un qui part » en carte blanche au théâtre du Blocry en 2002, « Vent Debout » en 2004 au centre culturel du Douaire, et désormais « Les Captifs » en 2009, au centre culturel du Biéreau.

Il a également obtenu une licence en droit en 2002, un diplôme complémentaire en économie un an plus tard, et travaillé au Centre de Philosophie du Droit (C.P.D.R.) de l’Université Catholique de Louvain de 2003 à 2007, à la recherche du raisonnable. Il est aujourd’hui juriste à Bruxelles.